Portrait de Kristof Novák

Personnage RP · Archive Alexandria

Kristof Novák

Saison 6 — Infestation

Vivant Mécanicien

Identité

Son histoire

Biiip.... Biiip... Biiiip...

Vous connaissez cette sensation. 
Cette sensation de légéreté, d'apaisement.
Celle qui vous envahit comme une vague chaude et réconfortante. 

Biiip.... Biiip... Biiiip...

Quand tout d'un coup tout s'arrête, que le silence devient omniprésent, rassurant... 
Mais si, vous savez, quand un robinet qui goutte vous empêche de dormir de son interminable ploc, quand le ronflement de votre amie s'arrête pour laisser la place à une respiration calme...

Biiip.... Biiip.....Biiip.....

Moi ce bruit énervant, agaçant, angoissant, insupportable, je n'aurais jamais pensé que de ne plus l'entendre serait ma plus grande peine.

C'était en 2020, à Praha. 
Comme tous les jours je tenais sa main et je lui racontais ma journée, anodine, la vie d'un mécano sans intérêt... mais les médecins disaient qu'elle entendait, que ce sont les banalités qui l'ancrait encore dans cette vie, malgré le respirateur artificiel qui lui mangeait son visage si bon. Ce respirateur et son maudit biiip qui à chaque occurence semblait me percer le cerveau plus profondément encore...

Biiip.... Biiip.....Biiip.....

Ce jour là je lui racontais comment mon pti frère avait appris à faire du vélo et à qui j'avais promis de "le dire à maman"... 

Biiip.... Bii.......

Et puis plus rien.

Plus de lumière.
Plus de son.
Plus de biip.

Plus rien.

Puis après ce qui m'a paru une éternité, un brouhaha généralisé commença à prendre forme et à s'amplifier, puis à devenir omniprésent, dense, presque une entité effrayante.
Les gens criaient, hurlaient même, les médecins et les infirmières couraient partout dans l'hopital plongé dans la pénombre...

Je regardais alors ma mère, plus de biip, plus de respiration, plus rien... comme ça, aussi simplement et horrible que ça...

Je n'ai même pas crié à l'aide, ni cherché un médecin, je savais que c'était fini, j'ai alors enlevé le respirateur de la bouche de mère et lui ai nettoyé le visage, en prenant soin de coiffer sa mèche comme elle aimait le faire les jours de messe. Puis je suis sorti.

Les couloirs ressemblaient à un etrange spectacle, comme un ballet contemporain, les gens gesticulaient, couraient dans un rythme effrené, étrange, le tout baigné des lumières dures et dansantes des lampes torches ou autre lumière de téléphone.

Je rentrais agard dans une Prague irréelle.

Mon père ne s'en remit jamais et tomba dans l'alcool, et la haine des russes.

Le reste, je vous le raconterai une autre fois. J'entends déjà les chiens au loin dans la forêt en contrebas du hangar dans lequel je me suis réfugié.
S'ils hurlent c'est qu'ils ont trouvé une proie.

J'ai faim.

Je prends mon fusil de chasse, m'engonce dans ce cabas beaucoup trop grand et m'enfonce dans cette pluie battante, l'heure est à la chasse.
Il faut que je sois en forme pour retrouver mon petit frère Anton.

Les souvenirs attendront.

Journal de Krystof Novák 

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