Personnage RP · Archive Alexandria
Joseph-Samuel Farinet
Cause : Est mort après avoir vomis tout le sang de son corps. Une étrange maladie dont même ses compagnons de fortune n'ont pu venir à bout. Tout de bon là-bas mon Farinet.
Identité
Son histoire
Si vous trouvez ce bout de papier c'est que je suis peut-être vivant, ou mort. Ou les deux.
Mon nom est Joseph Samuel Farinet, j'ai 31 ans.
Avant les bombardements j'étais une personne que beaucoup ont qualifié d'immorale et outrageuse. j'ai été, à plusieurs reprises, recherché, traqué et emprisonné. J'étais contrebandier et faux-monnayeur, souvent fugitif. Mais ne vous éprenez pas, avant les bombardements je n'avais jamais tué personne, j'oeuvrais surtout à aider les autres en étant solidaire. Avec de l'humour et le sourire aux lèvres, j'ai toujours été sensible aux injustices et j'ai souvent fait passer les intérêts des autres avant les miens. J'ai le coeur sur la main, mais face à l'injustice ou pour défendre ma liberté, ma main prend la forme d'un poing.
Avant les bombardements, je vivais dans la région des Alpes, en Suisse, dans une vallée tranquille. C'est en 1971 que ma vie va prendre un tournant, j'ai alors 19 ans. À cette période la population des vallées était pauvre et rien n'était fait pour leur laisser une place dans la société. Je ne supportais plus de voir ces personnes avec à peine une patate comme repas.
J'avais quelques contacts, des amis à mon grand-père, ils étaient imprimeurs. Ils m'ont fourni le materiel pour commencer mon activité. J'ai très vite appris à imprimer des faux billets. D'abord dans le grenier de mon chalet de montagne, la qualité des billets étaient déplorables. Ces faux billets de 10 étaient vendus pour 3 sous, et si vous ne les aviez pas, cela n'était pas grave. Je demandais peu et n'avais pas besoin de beaucoup pour vivre. Mes billets ont bien dépanné les familles de la vallée et jusqu'en plaine. Mon succès et la mauvaise qualité de falsification m'auront valu de me faire attraper par les autorités et mis en prison. Trois mois plus tard je m'échappais du pénitencier. C'était ma première peine de prison et ma première expérience de fugitif. J'ai continué à imprimer, je ne pouvais pas m'arrêter, qu'aurais-je fais d'autre ? Les habitants des vallées me cachaient, m'hébergeaient, je restais tout le temps en mouvement. Jusqu'à ce que je réussisse à faire venir discrètement depuis l'autre côté des Alpes, d'Italie, une magnifique imprimante que j'ai installée dans une cabane cachée dans une petite vallée. Cette fois la qualité des faux billets était irresprochable, on ne pouvait les différencier des vrais. Ils ont inondé le marché. Il y avait un billet Farinet dans le porte monnaie de chaque personne de la vallée et jusqu'en plaine.
J'ai refais plusieurs détours en prison et plusieurs évasions. Jusqu'aux bombardements je n'ai vécu que comme un faux-monnayeur fugitif, la chasse à l'homme a duré presque 10 ans. J'ai toujours réussi à remonter un atelier d'imprimerie clandestin. Toujours avec l'aide des locaux et en me fournissant en machinerie en Italie, discrètement dans la montagne à traverser les Alpes. En continuant d'injecter les marchés de mes faux billets. J'ai dû apprendre à me cacher, à me déplacer la nuit, en évitant les villes et villages. Avec une boussole et une carte comme guide. J'ai dû appendre à survivre dans la montagne bien avant que les villes se fasses bombarder, est-ce pour cela que je suis encore vivant ? Je chassais, je pêchais, je brouillais mes pistes pour que les autorités et les loups ne me trouvent pas. J'aimais cette forme de liberté et je n'ai jamais voulu me rendre ou arrêter d'imprimer.
Un matin d'octobre de l'année 1983, alors que les gardes frontières m'avaient repéré, je me suis réfugié au fond d'une vallée très escarpée. J'étais cerné, dans un cul-de-sac. Nous avons échangé des tirs toute la journée. Trop dangereux pour eux d'avancer et trop dangereux pour moi de sortir de mon trou. La nuit les tirs ont cessé. C'était calme, à califourchon sur ma branche de sapin je me suis endormis. Ce qui m'a soudain réveillé ce sont des cris, de plus en plus fort, suivis par des coups de feu. Je voyais des lumières au loin mais n'arrivait pas à distinguer ce qu'il se passait. Quelques silhouettes qui couraient. Et tout d'un coup, le silence. Plus un bruit, ni d'humain, ni d'animal. Je comprends qu'il y a quelques choses qui cloche. Des amis du village me seraient-ils venu en aide ? Se sont-ils tous entre-tués ? Le silence est rompu par une immense explosion, le ciel s'illumine en dessus de cette ville au loin, elle vient d'être bombardée, à ce moment je ne savais rien des contaminations, j'étais effrayé, je ne comprenais pas ce qu'il se passait. Le lendemain, je redescends de mon perchoir et m'approche de l'endroit d'où venaient les cris et coups de feu. Je me retrouve face aux corps déchiquetés des gardes frontières qui me poursuivaient. Je vomis.
Depuis ce jour le monde est tel que vous le connaissez. Bombardé, déchiré. J'ai erré les premières semaines dans les vallées avoisinantes, puis en plaine. Souvent seul, parfois en groupe mais toujours en mouvement. C'est ce que je sais faire de mieux. J'ai pu survivre ces derniers mois grâce à mon savoir-faire de fugitif. J'ai pu survivre en apprenant à me méfier de tous le monde. J'ai su rester ferme quand il le fallait et j'ai su rester juste pour éviter toute mort inutile. Malheureusement j'ai dû tuer, pour ne pas mourir. Jamais pour une autre raison.
La semaine passée, le groupe avec lequel je m'étais lié a commencé à pratiquer le cannibalisme, faute de trouver autre chose à manger. D'abord sur des corps déjà mort et ensuite en kidnappant des personnes vivantes. Je les ai quitté en libérant une femme et son fils qui allaient être dévoré. On a été poursuivis, j'ai dû tuer deux de mes anciens camarades avec qui j'ai vécu ces dernières semaines. On a réussi à fuir et sommes partis le plus loin possible de leur territoire. Ensemble nous avons erré pendant deux semaines environ, sans plus faire confiance à personne. Une nuit, alors que nous traquions un cerf, un ours nous a attaqué. Le petit a fuit dans la rivière, il s'est noyé. Sa mère n'a pas eu le temps de réaliser, elle avait déjà le dos laceré et le visage en lambeaux. J'ai réussi à loger une balle dans l'épaule de l'ours mais cela ne l'a pas arrêté. Si le buisson sur lequel l'ours m'a lancé n'était pas placé juste en dessus de l'entrée d'une cavité, je serais mort. L'ours me cherche mais ne me trouve pas, il est parti. Je remonte et la mère du ptit est là, gisant sur le sol, dans une marre de sang. Tout s'est passé si vite. Et voilà le résultat. Je n'arrive toujours pas à m'y faire. D'une minute à l'autre on perd tout. Je ne m'y habituerai jamais.
J'ai entendu parler qu'un peu plus à l'est, en Autriche, une ville est encore debout. Je suis fatigué d'errer sans objectif. Je n'en peux plus de me cacher, j'ai envie de retrouver le sourire. J'ai pleins de connaissances à apporter aux jeunes et deux bras encore bien efficaces, je ferais bien d'aller voir cette ville dont on parle. Je n'ai plus grand chose à perdre à part mon humanité, que je compte bien conserver ! Allez je fais mon sac, je récupère ma viande séchée, j'éteins le feu, j'efface mes traces, je sors ma boussole et tire mon azimut. Direction l'Est.
Courage mon Farinet.
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