Portrait de Ahmed Ratliff

Personnage RP · Archive Alexandria

Ahmed Ratliff

Saison 18

Vivant Survivant

Identité

Son histoire

Ahmed Ratliff, né en 1965 à Sarcelles, a grandi dans une cité où la débrouille était une nécessité quotidienne. Son père, Karim, un immigré marocain, l'a initié très jeune à l'art de la brocante, un métier qui consistait à redonner de la valeur à des objets que d'autres jugeaient inutiles. Sa mère, Aïcha, d'origine congolaise, assurait une stabilité familiale malgré les défis constants qu'imposait la vie en cité. C'est dans ce cadre qu'Ahmed apprit à se montrer résilient et à surmonter les obstacles.

 

En 1980, alors qu'Ahmed avait 15 ans, sa vie changea brutalement. Il entretenait une relation secrète avec Imane, une fille du quartier, car ils savaient que leur histoire ne serait pas acceptée par leurs familles respectives. Un jour, ils furent surpris par le père d'Imane dans un moment intime. Fou de rage, il frappa Ahmed si violemment qu'il lui brisa la mâchoire. Ce traumatisme physique laissa Ahmed avec un bégaiement permanent, un handicap qui affecta profondément son quotidien. Ce coup porté à sa capacité à s’exprimer le fit se renfermer sur lui-même, incapable de trouver les mots pour exprimer ses émotions ou sa colère.

 

Malgré ce handicap, Ahmed décida de ne pas se laisser abattre. Il se plongea dans la brocante, suivant les traces de son père. À travers le travail, il trouva un moyen de s’exprimer, non pas par les mots, mais par les objets qu'il récupérait, restaurait, et revendait. En 1983, alors qu'il venait d'avoir 18 ans, Ahmed se lança dans les marchés en solo. Son bégaiement, bien que souvent une source de frustration, devint paradoxalement un atout : les gens se montraient plus attentifs, et sa sincérité, même maladroite, touchait ceux avec qui il faisait affaire.

 

Durant les années 1980, Ahmed renforça ses liens avec ses trois amis d'enfance : Jeff, Malik et Michonne. Leur amitié était forgée dans les galères du quartier et cimentée par une loyauté indéfectible. Ensemble, ils traversaient les difficultés de la vie dans la cité, qu’il s’agisse de problèmes d’argent ou de conflits inévitables. Jeff, un peu plus âgé, était le leader naturel du groupe, Malik apportait une sagesse calme, tandis que Michonne, la plus jeune, insufflait une énergie rafraîchissante. Ahmed, malgré son handicap, jouait un rôle central dans leur groupe, toujours présent quand il s’agissait d’aider ou de se sacrifier pour ses amis.

 

En 1992, alors qu’il vendait sur un marché, un vieil homme s’approcha de lui avec une vieille montre à gousset. « Elle est belle, mais elle ne marche plus », lui dit l’homme, avant de lui vendre la montre pour presque rien. Intrigué par cet objet, Ahmed décida de l’acheter, même si elle ne fonctionnait pas. La montre devint rapidement un talisman pour lui, un objet qu’il garda toujours sur lui, comme une sorte de symbole de son propre parcours, usé mais pas complètement brisé. Pendant des années, elle resta inerte, mais Ahmed, sans savoir pourquoi, la conservait précieusement.

 

Les années suivantes, Ahmed gagna en expérience et en notoriété sur les marchés. En 1995, il commença à s’ouvrir à de plus gros réseaux, récupérant des objets de valeur et élargissant sa clientèle. Il n'était plus seulement un brocanteur de quartier, mais un homme respecté dans son domaine. Pourtant, malgré ces réussites, il continuait à garder ses émotions enfouies, refusant souvent d’exprimer ce qu'il ressentait. Ses amis, Jeff, Malik et Michonne, étaient toujours là pour lui, bien conscients des luttes internes qu'il traversait, mais respectant son silence. Parfois, lorsque la pression devenait trop forte, Ahmed explosait de colère, détruisant tout ce qui se trouvait autour de lui, mais ses amis comprenaient et ne l’abandonnaient jamais.

 

En 2000, la situation mondiale bascula. Alors que tout le monde craignait le fameux « bug de l'an 2000 », la véritable catastrophe fut bien plus terrifiante. En février, des tensions inexpliquées éclatèrent à travers le monde, provoquant des conflits violents dans de nombreux pays. Paris et d'autres grandes villes sombrèrent dans le chaos, les rues devenant des champs de bataille. C’était une époque de peur et d’incertitude, où la survie devint la seule priorité.

 

Quelques semaines plus tard, en avril, alors qu’Ahmed, Jeff, Malik et Michonne fuyaient la violence de leur quartier, un événement étrange se produisit. Alors qu'ils faisaient une pause après une journée épuisante sur la route, Ahmed sortit la vieille montre de sa poche. Pendant des années, elle était restée silencieuse, immobile. Mais à ce moment-là, les aiguilles se mirent à tourner à nouveau. Cela surprit Ahmed et ses amis, qui y virent un signe étrange, presque prophétique. La montre, autrefois un simple souvenir d’une rencontre, semblait avoir pris vie, comme si elle indiquait une nouvelle direction à suivre.

 

Devant le chaos qui les entourait, Jeff proposa de partir pour Alexandria, une petite ville en République tchèque où il espérait retrouver son père. Isolée et relativement épargnée par les conflits, Alexandria semblait être leur meilleure chance de trouver un refuge. Ahmed,

 

qui voyait dans le mouvement de la montre un étrange présage, se laissa convaincre. Le groupe, armé de tout ce qu'ils pouvaient emporter dans trois voitures, quitta Sarcelles pour tenter de rejoindre ce havre de paix.

 

Le voyage fut long et éprouvant. Sur la route, ils durent affronter de nombreux obstacles : des barrages improvisés, des groupes armés qui pillaient tout sur leur passage, et surtout, la peur constante de tomber sur des revenants. Ahmed, souvent silencieux, restait concentré, mais la tension montait en lui. Malik, Jeff, et Michonne partageaient les mêmes angoisses, mais chacun essayait de se soutenir mutuellement.

 

Un soir, alors qu’ils faisaient une pause pour décider du chemin à prendre, une dispute éclata entre Malik et Ahmed. La fatigue, la peur, et la pression constante avaient atteint un point de rupture. Ahmed, submergé par la frustration et les émotions qu'il avait gardées en lui pendant si longtemps, explosa de colère. Il renversa des objets et poussa un cri de rage. Ses amis, bien que choqués sur le moment, restèrent silencieux. Ils savaient qu'Ahmed portait en lui des années de douleur refoulée. Michonne, avec sa nature plus douce, vint s’asseoir à côté de lui, sans un mot, mais avec une présence réconfortante. Ahmed se calma peu à peu, réalisant que, malgré tout, il n'était pas seul.

 

Après plusieurs jours de route, ils arrivèrent enfin en vue d'Alexandria. La ville semblait intacte, préservée du chaos qui régnait ailleurs. Pourtant, une certaine tension flottait dans l'air. Les rues étaient étrangement silencieuses, et les habitants, bien que méfiants, restaient dans l’ombre des bâtiments. La menace des revenants, ces morts-vivants qui avaient émergé des champs de bataille et des cimetières du monde entier, était toujours présente, même dans cette région isolée.

 

Pour Ahmed, Alexandria représentait un nouveau départ, une chance de laisser derrière lui les fantômes de son passé, ses frustrations et ses échecs. Avec ses amis à ses côtés, il savait qu’ils devaient encore se battre pour survivre dans ce monde en ruines, mais il y avait aussi un espoir de reconstruire quelque chose. La montre, dont les aiguilles continuaient de tourner, semblait désormais symboliser cette nouvelle direction que sa vie prenait : incertaine, mais pleine de possibilités.

 

Ils étaient fatigués, marqués par leur voyage, mais ils étaient ensemble. Pour Ahmed, c'était tout ce qui comptait.

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