Saison 8 — Damnation

Portrait de survivant n°3 : Alexeï Botyan

29/10/2021 · David Steiner

Illustration de Portrait de survivant n°3 : Alexeï Botyan

Alexeï Botyan, plus connu sous le nom de "Coco", est l'un de nos habitants les plus téméraires.

Tout droit arrivé de la périphérie de Moscou où il a grandi, Alexeï a connu la faim et le froid mais contrairement à d'autres, lui l'a connu dès l'enfance.

Revenons en 1941, cette année-là Alexeï voit le jour, le 12 septembre exactement. Il nait dans un des bidons villes qui jalonne Moscou sur a périphérie.
Il est dans famille aimante, mais qui n'a pas accès à l'électricité ni à l'eau potable...
Son père, bucheron de profession, travaille dur pour que la famille puisse avoir un morceau de pain à table.
Alexeï en a conscience, et l'école ne lui sied guère puisque sa condition fait de lui la cible des moqueries.
Il décide alors en 1954 de se mettre au travail en aidant son père.
Comme il aime à le dire ; "c'est à ce moment-là qu'en plus du pain nous pouvions avoir des épinards à table".

Et puis la dure vie, et les évènements contraignent Alexeï à quitter la Russie en 1964/1965 lorsqu’avec sa famille ils apprennent qu'il vaut mieux allez à l'est ou les conditions semble plus favorables.
Arrivée en Belgique, la famille se retrouve enfermée de force dans un bunker ou ils restèrent 3 ans.
3 ans digne de l'enfer, pendant lesquels, avec son père, ils étaient torturés pendant que sa mère se faisait violée perpétuellement.
Et puis 1968 arrive, la situation n'est plus tenable, le père d'Alexeï saisit la seule opportunité de tenter l'impossible...il meurt assassiné en emportant plusieurs de leurs agresseurs avec lui...

Pour Alexeï, c'est le trou noir, à son réveil, il se retrouve à l'arrière d'un camion, sans sa mère et sans savoir ni où il est, ni avec qui...néanmoins après quelques jours il comprend qu'il est en France.

La suite et bien c'est encore une fois la violence pour Alexeï qui saisit sa chance pour s'enfuir et reprendre son destin en main, mais seul, sans ressources, après avoir perdu sa famille et avoir été maltraité pendant plusieurs années.
Il ne sait que faire…la route le guide...elle le guide jusqu'à une grande porte ou il s'effondre à genou, à bout de force...

Cette porte c'est celle de la capitale. Il y est amené et remis sur pied en quelques jours.
Bien évidemment, les traumatismes psychologiques ont eux, laissés des traces indélébiles...mais avec le temps, Alexeï reprend goût à la vie.

Il redécouvre les petits plaisirs tel qu'avoir un toit, un lit, mais aussi le fait de pouvoir manger à sa fin et il découvre même ce qu'il n'avait fait qu'effleuré tout au long de sa vie, se faire des amis et se divertir.
Il a repris fièrement son métier de bucheron en intégrant la NFP88 et participe activement aux divers projets d'aménagements permettant la reconstruction du pays. il n’est d'ailleurs pas rare de l'entendre chanter les chansons de son enfance à qui veut les entendre, et souvent autour d'une bière !