Portrait de survivant n°7 : Ernest Chombier
03/11/2021 · David Steiner
Sur cette photo, la personne que l'on voit c'est Ernest...Enfin je devrais plutôt dire c'était Ernest quand je l’ai rencontré, depuis il a beaucoup changé...
Mais revenons un peu en arrière pour mieux comprendre ce survivant au lourd passé.
Ernest Chombier est né à Nantes en 1925, la vie ne l'a pas épargné, et ce, dès la naissance, puisqu'il fut abandonné puis placé à la DAS. Dès lors ce fut la valse des familles d'accueil plus ou moins accueillantes...une enfance, si l'on peut la qualifier ainsi, parsemée de déconvenues.
Mais, le jour de ses 14 ans, Ernest pris la décision, lourde de conséquences, de fuguer et tenter ainsi de prendre un nouveau départ.
Durant 6 ans, ce nouveau départ dont il avait rêvé ne démarra pas vraiment...seul, sans ressources, jeune et terriblement naïf...lui-même se demande comment il parvint à atteindre l'âge de 20 ans.
Et puis à force d'effort, sans jamais craquer, il réussit à se débrouiller avec quelques petits boulots...et quelques petits boulots (nous n'en dévoilerons pas trop par respect pour lui) ...jusqu'à ce que ces derniers le conduisent face à la justice.
1946, la guerre est finie depuis peu, et Ernest sort de prison des envies plein la tête se disant qu'il va bien trouver un travail maintenant que la guerre est finie.
Malheureusement, la conjoncture liée à son passé ne lui permit pas d'enfin obtenir la situation dont il avait tant rêvé...ce fut pour Ernest une désillusion, la fin d'un rêve, la fin d'une vie, la fin d'une envie de vivre…
Dès lors il plongea "à cœur perdu" dans la bouteille, son "refuge" comme il aimait à le dire. Seul moyen d'oublier...d'oublier le passé, d'oublier le présent et de ne pas penser au futur...
Jusqu'à il y a quelques semaines, la vie d’Ernest n'était qu'errance dans les villes fantôme de l'ancien monde, ville fantôme dont il était quelque part le meilleur représentant errant de manière fantomatique...
Et puis, comme le jour se levant après la nuit, la vie d'Ernest pris une tournure à laquelle il n'osait plus penser…Enfin, le jour de son salut était arrivé !
Il croisa le groupe d'exploration de la capitale et fut pris en charge. Tout ne fut pas simple car il était nécessaire et prioritaire qu'il soit sevré de l'alcool....
Et une fois sevré, Ernest Chombier devint alors lui-même, et alors que nous découvrions une personne des plus sympathique et empathique lui-même se découvrait.
Depuis son intégration au sein de la NFP88, Ernest est maintenant un fier Bucheron, il a découvert le plaisir des repas partagés entre amis, le plaisir d'avoir chambre et un lit, le plaisir d'avoir un endroit qu'il peut appeler maison...
En se découvrant, il a découvert la joie de vivre, il a donné un sens à sa vie.
Si toi aussi, la vie ne t'a pas épargné, que tu es seul, que tu as faim, que tu as froid, alors courage mon ami, tu n'es pas seul !
